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Portrait d’une passionnée de plantes médicinales au potager

Par Maxime
5 minutes

De l’envie de jardiner aux remèdes maison : le parcours d’Élodie au cœur des simples


Dans le paisible village de Saint-Rémy, niché aux abords de la campagne normande, Élodie Guillot a su transformer son petit potager familial en un véritable jardin médicinal, où chaque plante est précieuse et raconte une histoire. Issue d’une famille d’agriculteurs, elle s’est passionnée très tôt pour le vivant sous toutes ses formes, mais c’est au fil de ses lectures, de ses essais et de ses rencontres qu’elle est devenue aujourd’hui une référence locale en matière de culture et d’utilisation des plantes médicinales.


Un potager comme laboratoire vivant


Chez Élodie, le potager ne se limite pas aux classiques rangs de tomates, haricots ou salades. Entre les lignes de légumes viennent s’intercaler camomille matricaire, menthe poivrée, souci, consoude, thym, mauve ou encore sauge officinale. « Ce sont des compagnes discrètes mais irremplaçables », précise-t-elle, « elles soignent autant la santé du sol, des légumes que celle de la famille ! ».


Élodie aime rappeler que la plupart de ces « simples » — nom traditionnel des plantes médicinales — étaient autrefois présentes dans chaque jardin de campagne. Elle s’attache à perpétuer ce savoir-faire, tout en adaptant ses cultures à la taille de son terrain de 150 m², optimisé selon les principes d’association et de rotation.


Transmission et réapprentissage : une passion partagée


Si Élodie a découvert les vertus des plantes médicinales en autodidacte, elle évoque avec émotion l’influence de sa grand-mère, « herboriste du cœur » :

« Petite, je la regardais préparer infusions et cataplasmes avec mille précautions. Je croyais alors à une magie de grand-mère… Aujourd’hui, j’ai repris le flambeau ! »

Après ses études de biologie et plusieurs formations auprès de cueilleurs professionnels et d’associations, elle propose à son tour des ateliers d’initiation pour les voisins et familles du village. Le bouche-à-oreille ne tarit pas : chaque printemps, nouveaux venus et curieux affluent pour découvrir comment reconnaître, planter, cueillir et utiliser ces trésors du jardin.


Choisir, installer et entretenir ses plantes médicinales : conseils d’experte


Élodie distingue trois grandes familles de « plantes utiles » dans son potager :


  • Les aromatiques classiques (thym, sauge, romarin, menthe), faciles à installer, qui parfument la cuisine et servent à de nombreux remèdes (infusions contre les rhumes ou digestion difficile).
  • Les fleurs médicinales (calendula, bleuet, camomille, bourrache), souvent semées au fil des lignes, qui attirent pollinisateurs et soignent coupures, inflammations ou états de stress.
  • Les plantes spécialisées (consoude, ortie, angélique), qui demandent un peu plus de place ou de précautions, mais offrent des usages variés, aussi bien en engrais vert qu’en tisane ou pommade.

Sa technique repose sur une observation attentive : « Je ne retourne pas la terre. J’intègre du compost mûr, paillis et quelques associations classiques : la bourrache avec les fraisiers, la camomille près des laitues, la menthe en pots pour éviter l’envahissement. » Elle insiste sur la rotation des cultures et la limitation au strict minimum de traitements, préférant miser sur la prévention et la biodiversité du jardin.


Le geste de cueilleuse : entre précision et respect du vivant


La récolte des plantes médicinales est un moment clé. « Pas question de tout cueillir : il faut laisser aux insectes leur part, et prévoir la reproduction ! », rappelle Élodie. Les fleurs, tiges ou feuilles sont prélevées tôt le matin, séchées dans un grenier aéré sur de grands paniers plats, puis stockées à l’abri de la lumière.

Pour chaque plante, elle note scrupuleusement la date et le mode de préparation. Infusions, macérats huileux, sirops ou baumes… À chaque petit souci du quotidien (coupure, piqûre, stress, douleurs articulaires), Élodie pioche dans sa réserve et prépare le remède adapté.


Ateliers pratiques et échanges sur le terrain


Toute l’année, Élodie organise des balades botaniques et des ateliers pratiques pour démystifier l’usage des simples : réalisation d’un baume au souci, confection de tisanes hivernales, identification de plantes spontanées. Les participants repartent souvent avec une bouture, une tisane maison… et surtout l’envie de refaire chez eux.


« J’ai osé, grâce à Élodie, planter de la consoude dans mon massif de roses. Non seulement mes rosiers sont en pleine forme, mais j’utilise aussi ses feuilles en pommade sur les coups des enfants — c’est bluffant ! »
— Claire, voisine et participante régulière aux ateliers

Portrait : des plantes qui relient les générations et le territoire


Loin de se contenter de recettes anciennes, Élodie explique comment la connaissance des plantes évolue :


  • Échanges de graines et de savoirs : elle participe à des « grainothèques » municipales et trocs de boutures, favorisant la diversité végétale locale et la transmission intergénérationnelle.
  • Adaptation au changement climatique : face aux étés plus secs, Élodie a intégré davantage de plantes xérophytes (comme la lavande ou le thym) et des paillages naturels pour mieux gérer l’arrosage.
  • Sensibilisation à la biodiversité : « Cultiver des médicinales, c’est aussi accueillir plus d’insectes, d’oiseaux, créer un écosystème vivant. Toute la faune du jardin en profite ! » explique-t-elle avec enthousiasme.

Piste concrète : comment débuter sa mini-pharmacie au jardin


  1. Démarrer petit : choisir 3 ou 4 plantes aux effets polyvalents (calendula, thym, menthe, camomille par exemple).
  2. Les installer à portée de main : près d’une entrée, d’une allée, du potager ou en jardinière si l’espace manque.
  3. Favoriser les semences paysannes : elles sont plus adaptées au sol local et fleurissent plus généreusement que les variétés horticoles standard.
  4. Prendre le temps d’observer : regarder qui visite les fleurs, comment la plante réagit à l’ombre ou au soleil, récolter avec discernement.
  5. Se documenter : livres, sites spécialisés, forums comme celui de gazonfacile.fr proposent des fiches pratiques et des retours d’expériences.

Ressources partagées : guides, tableaux et communauté


  • Fiches PDF à télécharger : table de correspondance (usages, parties récoltées, précautions pour chaque plante).
  • Tableau « compagnonnage médicinal » : quelles associations de plantes favorisent la vigueur et limitent maladies/parasites au potager.
  • Forum de partage Gazonfacile.fr : espace pour échanger photos, questions, solutions ou succès liés aux plantes médicinales.

Conclusion : le jardin, un espace de soin… et de création de lien


Pour Élodie, cultiver des plantes médicinales au potager, c’est bien plus qu’une histoire de petits bobos soignés au naturel. C’est une passion qui relie terre et mémoire, qui fait du jardin un terrain d’expérience et de partage : « J’aime voir ma fille reconnaître une bourrache en fleurs ou préparer un sirop contre le mal de gorge… Par ce plaisir simple, on transmet une autonomie, une curiosité, et un respect pour ce que la nature nous offre. »

Que l’on soit débutant ou jardinier chevronné, l’expérience d’Élodie prouve que démarrer son carré de plantes médicinales, même modeste, enrichit le quotidien et rassemble les générations. Un pari gagnant pour la santé… et pour le plaisir du jardin ouvert à tous les possibles.

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