Interview d’un créateur de mobilier extérieur écoresponsable
Créer des espaces de vie extérieurs durables séduit de plus en plus. Derrière chaque salon de jardin respectueux de l’environnement, il y a un choix de matériaux réfléchi, un engagement dans l’écoconception et souvent une histoire humaine inspirante. Pour comprendre ces enjeux, nous avons rencontré Damien Lebret, artisan-designer passionné, fondateur de la jeune marque Recycl’Bois Mobilier, basée en Loire-Atlantique.
Du design à la démarche écoresponsable : l’itinéraire d’un créateur
Damien n’a pas choisi la simplicité. Menuisier de formation, il découvre très tôt l’impact environnemental du mobilier classique : « Beaucoup de salons de jardin ou bancs design sont faits avec du bois exotique, ou des composites issus de la chimie, rarement traçables. Je voulais proposer une alternative vraiment engagée. »
Après plusieurs années dans l’ameublement, il mûrit une vision nouvelle du métier :
- Privilégier le bois local : chêne, robinier, douglas locaux, souvent issus de forêts gérées durablement.
- Pratiquer le surcyclage : récupération de charpentes anciennes, palettes industrielles, ou chutes de menuiserie.
- Travailler avec des finitions naturelles : huiles végétales, pigments minéraux, encaustiques maison.
- Intégrer l’écoconception : chaque pièce est conçue pour être démontable, réparable et même facilement recyclable.
Son atelier s’ouvre aussi à la transmission : il organise des stages d’initiation au travail du bois de récup, pour particuliers comme professionnels.
Concevoir un mobilier extérieur à la fois beau et durable
Écoresponsabilité ne signifie pas austérité ! Pour Damien, le style et la facilité d’usage restent des piliers :
- Des formes épurées : bancs aux lignes droites, tables basses modulables, fauteuils à assise large pour le confort.
- Modularité : salons de jardin à assembler, panneaux qui servent d’assise, de treillis ou de rangement selon la saison.
- Coloris naturels : les veines du bois sont mises en avant, parfois agrémentées de parties brûlées au chalumeau, pour davantage de résistance et une esthétique singulière.
Le souci du détail va jusqu’aux fixations utilisées : « Ici, pas question de colles industrielles nocives. Nous préférons les assemblages à tenons-mortaises, ou les vis inox récupérées. »
L’exigence de durabilité guide la conception : chaque mobilier doit résister aux intempéries, aux UV et être facile à entretenir ou réparer. La marque propose par exemple des kits de rénovation (huile, mini-outils) à l’achat.
Quels matériaux pour entourer durablement terrasses et jardins ?
La sélection des matières premières conditionne l’impact écologique du mobilier. Damien détaille ses choix :
- Priorité au bois certifié PEFC/FSC : « Nous travaillons exclusivement du bois issu de filières locales. L’acacia, naturellement imputrescible, remplace avantageusement les bois exotiques. »
- Récupération : vieilles poutres d’usine, sens de l’histoire, patines authentiques, le surcyclage donne de la singularité à chaque pièce.
- Upcycling de métal : pieds de table en acier recoupé, supports de bancs en fonte réusinée, parties de mobilier réutilisées d’anciennes installations publiques.
- Pas de plastique ni résine : « Notre clientèle recherche au contraire une alternative au tout-plastique. Même les finitions sont d’origine naturelle. »
Résultat : des meubles souvent lourds, robustes et surtout conçus pour durer plusieurs décennies—à l’opposé de l’obsolescence programmée.
Valoriser le local et réduire son empreinte : une évidence ?
Au fil de l’interview, Damien insiste sur un élément clé : le mobilier fait-main, pensé pour la durée, réduit l’empreinte écologique sur plusieurs plans :
- Réduction drastique des transports : sourcing à moins de 100 km de l’atelier.
- Entretien facile : matériaux résistants, conseils personnalisés pour garder longtemps chaque banc ou table.
- Emploi local : chaque création soutient un réseau d’artisans, scieurs, ferronniers et associations d’insertion.
- Démarche zéro déchet : valorisation systématique des chutes (petits objets, compost, chauffage) et recyclage en fin de vie.
Damien partage une anecdote parlante : « Une grande commune voisine voulait remplacer tout son mobilier de parc avec du mobilier local, pour éviter les importations bardées de plastique. Il leur a suffi d’un prototype pour se laisser convaincre ; aujourd’hui, ce sont 60 bancs de récupération qui peuplent leurs allées ! »
Conseils pratiques pour choisir ou entretenir un mobilier d’extérieur écoresponsable
Pour les particuliers qui souhaitent faire un achat responsable ou entretenir leur mobilier, l’artisan partage ses recommandations :
- S’informer sur l’origine des matériaux : bois local, présence de labels, absence de traitements chimiques nocifs.
- Favoriser le mobilier démontable ou modulable, pour faciliter l’entretien et allonger la durée de vie.
- Éviter les vernis plastifiants et préférer les huiles ou cires naturelles, à réappliquer deux fois par an pour conserver l’aspect et la résistance.
- Opter si possible pour une couleur saturée : le bois grisé naturellement reste souvent le plus durable et facile à vivre.
- Recourir à des artisans locaux ou de petits fabricants pour bénéficier d’un conseil, de garanties et parfois d’un service de reprise ou de remise à neuf.
Enfin, pour entretenir un salon de jardin écoresponsable :
- Nettoyage à l’eau claire et au savon doux (pas de solvants ni produits agressifs).
- Stockage à l’abri en hiver pour les pièces non traitées.
- Contrôle annuel des assemblages (resserrage, remplacement de vis si nécessaire).
Perspectives : vers une généralisation du mobilier extérieur responsable ?
Damien observe une évolution rapide des mentalités, chez les particuliers comme les professionnels (hôtellerie, collectivités, écoles) : « Nos demandes augmentent chaque année. Pour beaucoup, il ne s’agit plus de mode, mais d’un acte réfléchi. Posséder moins mais mieux, c’est devenu une forme de liberté. »
Il note que le succès de l’écoresponsabilité passe par :
- La pédagogie auprès des clients (utilité des labels, choix des matières, entretien simplifié).
- Le plaisir d’utiliser un meuble porteur d’histoire et de sens, offrant confort et esthétique.
- La fierté d’intégrer une démarche locale et de limiter son impact environnemental dès la phase d’aménagement.
« Créer du beau, du solide et du transmissible, c’est une manière de changer le regard sur les objets et sur nos espaces de vie extérieurs. »
Damien Lebret
Conclusion : l’avenir du mobilier d’extérieur passe-t-il par l’écoresponsabilité ?
Choisir ou fabriquer un mobilier extérieur écoresponsable, c’est conjuguer durabilité, singularité et respect de l’environnement. Que l’on soit urbain pressé, famille à la campagne ou commune soucieuse de ses espaces verts, l’approche présentée par Damien Lebret est accessible à tous. Avec quelques gestes simples et le bon réflexe “local-réparable”, il est possible d’allier esthétique, confort et éthique autour de sa terrasse. D’autres ressources, témoignages et guides pratiques sont à découvrir sur gazonfacile.fr pour aider chacun à passer à l’action, à son rythme, vers un extérieur vraiment durable.