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Discussion avec une créatrice de jardins partagés

Par Maxime
5 minutes

Au cœur d’un jardin partagé : rencontre avec une passionnée


Dans de nombreuses villes françaises, les jardins partagés fleurissent entre les immeubles et sur les anciens terrains vagues, insufflant un renouveau de convivialité et de nature en ville. Pour mieux comprendre ce mouvement, gazonfacile.fr est allé à la rencontre de Maëlle Leroux, conceptrice et animatrice de jardins partagés depuis près de dix ans, qui partage sa vision et son expérience de ce que certains appellent aujourd’hui le « laboratoire d’un vivre ensemble durable ».


En quête de nature et de lien social


Si l’on croise des jardins partagés à Paris, Lille, Marseille ou dans de petites communes, leur succès s’explique autant par le besoin de verdure que par le désir de recréer du lien social entre voisins. Pour Maëlle, tout a démarré d’une envie personnelle : « J’ai grandi avec un potager familial. À mon arrivée en ville, le bitume et l’anonymat m’ont pesée. J’ai répondu à l’appel d’une association qui souhaitait lancer un jardin partagé dans mon quartier. »


Rapidement, la dynamique du groupe a dépassé la simple activité horticole. « Ce que l’on partage, c’est bien plus que des légumes : ce sont des idées, des savoir-faire, des moments conviviaux. »


Comment naît un jardin partagé ?


La création d’un jardin partagé ne s’improvise pas. Pour Maëlle, chaque projet est unique, reflet des espaces disponibles mais surtout des groupes d’habitants volontaires.


  • Identification du terrain : parfois un espace de la commune, parfois une friche privée mise à disposition.
  • Concertation locale : mise en place de réunions d’information, recueil des attentes, des envies, des talents.
  • Constitution du collectif : choix du mode de fonctionnement – association, collectif informel, partenariat avec une structure locale (mairie, bailleur social, école, etc.).
  • Conception collaborative : « On dessine ensemble, chacun imagine, propose, on vote parfois. L’idée, c’est d’impliquer tous les membres de la communauté dès le début, gage de succès ! »

Maëlle insiste sur l’importance de ne pas imposer un modèle. « Un jardin partagé, ce n’est pas le potager d’un animateur ou d’un service technique, mais bien un véritable projet co-construit », précise-t-elle.


Quels bénéfices pour le quartier ?


Les jardins partagés jouent de multiples rôles, bien au-delà de la production de légumes :


  • Redynamisation de la vie locale : animations, rencontres, ateliers pour enfants, fêtes de quartier…
  • Partage intergénérationnel : « Chacun apporte ses recettes, ses souvenirs de jardin, ses graines… Même ceux qui n’ont jamais planté découvrent, avec l’aide des autres. »
  • Biodiversité et fraîcheur urbaine : plantation de haies, refuge pour pollinisateurs, lutte contre l’îlot de chaleur.
  • Citoyenneté active : sensibilisation au compost, réduction des déchets, échanges d’astuces pour économiser l’eau.

Pour Maëlle, la réussite d’un jardin partagé se lit à ses usages : « Certaines parcelles deviennent de vraies ‘places de village’, d’autres sont le point de départ d’actions écologiques plus larges, comme des collectes de compost, des ateliers zéro déchet ou la réhabilitation de trottoirs fleuris. »


Organisation concrète et astuces de terrain


La gestion d’un jardin partagé suppose quelques règles simples, mais aussi beaucoup d’adaptabilité.


  • Le calendrier collectif : un panneau affiché ou une messagerie de quartier permet d’organiser les réunions, les séances de semis ou d’entretien.
  • Répartition des tâches : « Chaque semaine, on répartit les arrosages, le désherbage, la récolte. Mais on laisse la liberté à chacun d’inventer une activité : bricolage, installation d’un hôtel à insectes, création de signalétique… »
  • Petits outils partagés : sécateurs, arrosoirs, brouettes sont mis à disposition dans un coffre commun. « On a récupéré beaucoup de matériel lors d’appels à dons. »
  • Compost collectif : tous les déchets du jardin (et de nombreuses cuisines!) sont valorisés dans un composteur suivi collectivement, un apprentissage pour tous, petits et grands.

Selon Maëlle, le plus important reste la souplesse et la confiance : « Il faut parfois accepter que tout ne soit pas parfait, que certains plants soient oubliés, mais c’est aussi ce qui fait le charme et la pédagogie du projet. »


Des difficultés à surmonter mais un enthousiasme intact


Tout n’est pas toujours simple. Maëlle décrit sans fard les principaux obstacles rencontrés :


  • Manque de disponibilité des participants (pendant les vacances, par exemple).
  • Motivation en baisse sur la durée : « Après l’enthousiasme de la première année, on observe parfois un relâchement. Il faut proposer de nouveaux projets, renouveler le groupe, accueillir de nouveaux membres et enfants… »
  • Petits conflits d’usage : gestion de la récolte, des créneaux d’arrosage, différence de vision entre ‘producteurs’ et ‘contemplatifs’…

Mais la solution, selon elle, réside dans l’écoute et la convivialité : « Les meilleures avancées sont souvent nées autour d’un café partagé ou d’une fête de la citrouille. »


Jardins partagés et pédagogie environnementale


Le jardin partagé est aussi un formidable levier de sensibilisation : Maëlle organise régulièrement des ateliers autour du compost, des animations sur la faune locale, des chantiers collectifs pour installer des nichoirs ou fabriquer des panneaux à partir de matériaux récupérés.


« On apprend la patience, l’observation des cycles, la gestion naturelle des ravageurs. Nous faisons des expériences : paillage, engrais verts, semis de fleurs pour attirer les pollinisateurs… Les enfants comme les adultes sont souvent ébahis par la simplicité et l’efficacité des gestes écologiques ! »


Des outils et ressources pour se lancer


  • Fiches pratiques téléchargeables : sur gazonfacile.fr, nombreux guides sur l’organisation collective, le compostage, la gestion de l’eau et la sélection de plantes faciles pour débuter un jardin partagé.
  • Modèles d’affiches et de règlements : des templates à personnaliser pour animer la vie du jardin (calendrier, planning d’arrosage, inventaire des outils).
  • Retours d’expérience communautaires : témoignages d’autres collectifs, astuces originales pour récupérer du matériel ou valoriser les déchets verts.

L’avis d’une participante : l’expérience vue de l’intérieur


« Je n’avais jamais jardiné avant de rejoindre le collectif. J’y ai découvert des personnes engagées, patientes, prêtes à transmettre… et surtout des moments de vraie détente, loin de l’agitation. Aujourd’hui, voir pousser une tomate cueillie par mes enfants, c’est une grande fierté ! » — Claire, membre d’un jardin partagé à Rennes

Conclusion : vers une ville plus verte, plus collective


S’il est parfois présenté comme « alternatif », le jardin partagé est en réalité une réponse pratique et humaine à de nombreux enjeux du quotidien urbain. Sous l’impulsion de créateurs comme Maëlle et de centaines de bénévoles anonymes, ces lieux se multiplient, évoluent, deviennent autant d’écrins de biodiversité que de foyers d’échanges citoyens.


Vous souhaitez vous lancer ? Que ce soit pour cultiver vos légumes, rencontrer vos voisins ou éduquer les plus jeunes à l’écologie, les outils et retours d’expérience de gazonfacile.fr sont là pour vous accompagner à chaque étape.


N’hésitez pas à partager vos propres expériences ou à poser vos questions dans la rubrique Communauté : chaque parcelle collective commence par une poignée de passionnés… et beaucoup de bonne volonté !

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