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Pesticides naturels : ce que dit la législation française en 2024

Par Maxime
1 minute

Des alternatives naturelles sous surveillance

La recherche de solutions respectueuses de l’environnement s’est intensifiée dans les foyers français et les jardins collectifs : décoction d’ail, purin d’ortie ou savon noir trônent désormais aux côtés des outils à main. Mais qu’appelle-t-on réellement pesticide naturel ? Et quelles sont les limites légales à leur emploi aujourd’hui en 2024 ? Décryptage complet pour jardiniers soucieux de bien faire… et de respecter la loi.


Qu’est-ce qu’un « pesticide naturel » ?

Il n’existe pas de définition officielle du « pesticide naturel », un terme surtout employé par le grand public. Juridiquement, on parle de produits de biocontrôle, ou encore de .

  • Le biocontrôle regroupe des méthodes utilisant des organismes vivants (insectes auxiliaires, nématodes…), des macro- ou micro-organismes, ou des substances naturelles.
  • Les PNPP concernent principalement les solutions « faites maison » à partir de plantes (purin d’ortie, décoction de prêle…) ou de substances d’origine minérale, animale ou végétale.
Les produits de biocontrôle, tout comme les PNPP, s’opposent aux pesticides de synthèse, mais sont loin d’être libres de tout usage.


Le cadre général : une réglementation qui se durcit depuis 2019

En France, la loi « Labbé » (2014, renforcée en 2017 puis 2019) impose la suppression progressive des produits phytosanitaires chimiques au jardin, dans les espaces verts publics, et depuis 2022, dans tous les espaces accessibles ou ouverts au public.

  • Depuis 2019, particuliers et collectivités n’ont plus le droit d’utiliser de pesticides chimiques traditionnels (désherbant, fongicide, insecticide de synthèse) dans les espaces verts, jardins et potagers, à quelques rares exceptions.
  • Les produits autorisés doivent relever du biocontrôle, être homologués par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire), ou être inscrits sur la liste des PNPP officiellement validées.
Cependant, toutes les "recettes naturelles" ou anciennes pratiques de grand-mère ne sont pas permises.


Purin d’ortie, savon noir, vinaigre : autorisés ou interdits ?

Le purin d’ortie est devenu le symbole de la lutte pour des alternatives naturelles. Pourtant, son utilisation est encadrée :

  • Purin d’ortie : autorisé comme PNPP depuis 2017, dans des conditions précises et strictement listées. Seules les préparations selon la recette officielle publiée au Journal Officiel sont permises. Toute publicité pour un usage non conforme est interdite.
  • Savon noir : accepté en mélange contre les pucerons uniquement s’il contient des matières premières autorisées. Les mélanges maison avec certains additifs peuvent être prohibés.
  • Vinaigre blanc : strictement interdit comme herbicide. Le vinaigre domestique, même à usage ponctuel, n’est pas une PNPP homologuée. Son usage est considéré comme pesticide illégal, car aucune AMM (autorisation de mise sur le marché) n’est délivrée pour cette utilisation.
  • Autres purins et décoctions : prêle, ail, consoude, fougère… possible seulement si la recette a reçu une validation ministérielle et figure sur la liste officielle.
Le principe est clair : Pas d'AMM ou de validation officielle, pas d'usage autorisé !


La liste officielle des PNPP : la règle d’or à consulter

L’État publie régulièrement des listes précises des substances autorisées.

  • En 2024, moins de 15 plantes bénéficient d’une validation comme PNPP (ortie, prêle, fougère, consoude notamment).
  • Chaque recette est précisément détaillée : parties utilisées, durée de macération, dilution pour application, usages autorisés (insecticide, fongicide, anti-maladie), dosage maximal…
  • Manquer à la recette homologuée fait référence à un usage illégal.
Conseil pratique : consultez systématiquement la rubrique « PNPP » sur anses.fr ou la page dédiée sur agriculture.gouv.fr.


Pourquoi une telle sévérité ? Les risques et enjeux expliqués

L’encadrement strict vise à éviter les détournements (usage dangereux, pollution, résistance des organismes nuisibles) et protéger la biodiversité comme la santé humaine.

  • Le vinaigre, bien que « naturel », acidifie fortement les sols, détruit de nombreux micro-organismes utiles et risque, à grande échelle, d’altérer profondément l’écosystème.
  • Certains mélanges « maison » non vérifiés peuvent s’avérer toxiques, pour l’utilisateur ou la faune auxiliaire.
  • Des risques de dérives commerciales ou de recettes fantaisistes pourraient discréditer la démarche du biocontrôle.
À retenir : la réglementation protège aussi le jardinier contre de fausses promesses ou des accidents.


Le biocontrôle professionnel : homologation et marché en essor

Au-delà du particulier, le secteur agricole, maraîcher et même viticole mise fortement sur le biocontrôle. De plus en plus de produits sont homologués, mais tous nécessitent un dépôt de dossier auprès de l’ANSES, un contrôle de leur efficacité et de leur innocuité.

  • Seuls les produits « phytosanitaires à usage amateur » de biocontrôle peuvent être vendus aux particuliers, en jardinerie ou magasins spécialisés.
  • La mention « autorisé en agriculture biologique » et le logo AB ne valent pas systématiquement autorisation d’usage dans le potager familial : il faut vérifier l’AMM et la conformité à la loi « Labbé ».
  • Les PNPP vendues sous forme commerciale doivent également subir un contrôle, une traçabilité, respecter dosages et étiquetage réglementaires.


En pratique : ce qui est permis ou non au jardin en 2024

  • Oui : purin d’ortie, prêle, fougère, consoude…
    →  Si recette officielle respectée, usage jardin seulement.
  • Oui : savon noir, bicarbonate de soude, huiles essentielles  →  seulement si usage validé et dosages conformes, jamais en libre mélange indiscriminé.
  • Non : vinaigre, sel, eau de javel, ammoniaque, huiles minérales, lessive, tout mélange non homologué  →  onsidérés comme pesticides illégaux. Amende à la clef.
  • Astuce : les « recettes du web » doivent absolument être vérifiées avec les textes réglementaires.

Quels risques en cas de non-respect de la législation ?

En cas de contrôle (devenir rare mais pas impossible, notamment sur terrains publics ou lors de voisins en litige), l’usage d’un pesticide non autorisé est passible de :

  • Amende administrative (jusqu’à 1500 € par infraction, en cumul en cas de récidive)
  • Saisie des produits et obligation de remise en état
  • Pour un professionnel, suspension d’activité ou sanction pénale
À noter : il est également interdit de faire la publicité ou de conseiller publiquement un produit interdit, sous peine de poursuites.


Alternatives recommandées et bonnes pratiques

Face aux restrictions, les experts du jardin insistent sur :

  • Prévention avant intervention : tourner les cultures, choisir des végétaux résistants localement, favoriser la diversité végétale et animale.
  • Entretenir mécaniquement : paillage, désherbage manuel ciblé, binage, scarification.
  • Soutenir la régénération naturelle du sol par compostage, engrais verts, fumiers mûrs.
  • Adopter les PNPP validées, consulter les guides pratiques et prendre conseil auprès d’associations ou de forums référencés.
Le biocontrôle n’est qu’un des leviers – il s’insère dans une approche globale du jardin au naturel, patiente et préventive.


Ressources officielles à consulter

  • ANSES : toutes les autorisations, lists à jour et guide des PNPP sur anses.fr.
  • Ministère de l’Agriculture : actualité des validations, conseils et fiches pratiques sur agriculture.gouv.fr.
  • Guide PDF & Forum Communauté sur gazonfacile.fr : retours d’expériences, liste actualisée des solutions autorisées pour particuliers et espaces publics, dossiers comparatifs et vidéos-tutoriels

Témoignages : paroles de jardiniers

« Depuis l’interdiction du vinaigre, j’applique strictement le purin de prêle et de consoude, selon la fiche officielle. Cela fonctionne pour renforcer mes tomates sans nuire aux abeilles, et je participe avec mon club à des échanges réguliers sur la réglementation pour ne pas commettre d’impair » — Agnès, Mayenne
« Chez nous, on s’est fait rappeler à l’ordre lors d’une brocante ouverte : la commune interdit tout désherbant maison au vinaigre ou au sel. On privilégie désormais la binette et le paillis, bien plus conforme à la loi et pas moins efficace sur du long terme » — Nicolas, bénévole jardin partagé, Ile-de-France

Retenir l’essentiel en 2024

  • Les pesticides naturels sont strictement encadrés : seuls certains purins/plantes sont autorisés, selon une recette officielle, à consulter impérativement.
  • Tout le reste relève d’une interdiction, parfois sous peine d’amende.
  • Le biocontrôle commercial ou fait maison nécessite prudence, information et retour régulier aux listes de l’ANSES.
  • L’entretien écologique s’appuie d’abord sur la prévention, la diversité biologique et le respect du sol.
  • Des guides actualisés, outils interactifs et communauté d’entraide sont à disposition sur gazonfacile.fr pour jardiner responsable et en règle.

Conclusion : jardiner naturel, c’est aussi jardiner informé

Si le recours au biocontrôle progresse, la France confirme en 2024 sa ligne : « Naturel » n’autorise pas tout. Avant d’arroser vos plantations avec une décoction maison ou de tenter la nouvelle recette vue sur Internet, pensez à vérifier son statut réglementaire. Respecter la loi, c’est protéger la biodiversité, le jardinier et la crédibilité du jardinage au naturel.

Retrouvez sur gazonfacile.fr tous nos dossiers d’actualité, des guides PDF à télécharger et vos retours de terrain pour cultiver un jardin beau, sain… et parfaitement légal.

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